Morton Feldman (1926-1987)

Né le 12 janvier 1926 à New York, Morton Feldman étudie le piano avec Madame Maurina-Press, élève de Busoni, à qui il dédiera Madame Press Died Last Week at Ninety (1970). Il commence ses études de composition et de contrepoint avec Wallingford Riegger, l'un des premiers défenseurs du dodécaphonisme schoenbergien aux Etats-Unis et, à partir de 1944, il est l'élève de Stephan Wolpe. Ses premières compositions sont influencées par le style de Scriabine.
D'abord attiré par la peinture, sa rencontre avec John Cage en 1949, spécialiste du hasard dans la musique, l'encourage dans une voie intuitive, loin de tout système. Leur collaboration artistique marque à jamais la musique américaine née dans cette période. A John Cage, Morton Feldman emprunte un mode de composition qui laisse à l’interprète de grandes marges de manœuvre et qu’on a appelé « aléatoire », ce qui est sans doute excessif puisque le compositeur garde le contrôle de l’œuvre. Dans certaines œuvres de la même période, Feldman laisse à l’interprète le soin de choisir la durée des sons. " Le premier son, écrit-il alors, est pour tous les instruments ensemble. La durée de chaque son est au choix de l’interprète. Tous les sons doivent être joués avec une attaque minimum. La dynamique est très lente. Pour les sons se produisant sur la même corde du violoncelle, au lieu de pincer la corde à nouveau, plaquer les doigts lourdement pour plutôt en prolonger le son. Les notes d’agrément ne doivent pas être jouées trop rapidement. "

En 1950, il se joint au groupe qui gravite dans l'orbite de Cage : les compositeurs Christian Wolff, Earle Brown, le pianiste David Tudor. Il se lie également avec des personnalités du monde artistique telles que les peintres Philip Guston, Willem de Kooning, Jackson Pollock, Franz Kline, Mark Rothko, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, dont les noms jalonnent les titres de nombreuses compositions.
La fréquentation de ce milieu pictural new-yorkais donne naissance, dans une première période, à l'emploi de partitions graphiques, où les hauteurs ne sont plus fixes, laissant une grande liberté d'interprétation : Projections pour violoncelle (1950-51), Marginal Intersection pour orchestre (1951).Il y renonce entre 1953 et 1958, puis de manière définitive en 1967 avec In Search of an Orchestration, refusant que ses interprètes travestissent une telle notation en art de l'improvisation.
Morton Feldman est nommé professeur à l'Université de New York/Buffalo (1973-1987), où il occupe la chaire Edgard Varèse. En 1984 et en 1986 il enseigne aux Ferienkurse für Neue Musik de Darmstadt.
Il meurt le 3 septembre 1987.

Oeuvres:

  • De Kooning pour 5 instruments (1963) + d'infos
  • Extensions III pour piano (1962) + d'infos
  • I met Heine on the rue Fürstenberg pour mezzo soprano, flûte, clarinette, percussion, piano, violon, violoncelle (1971) + d'infos
  • Journey at the end of the night pour soprano, flûte, clarinettes et basson (1949) + d'infos
  • Last pieces pour piano (1959) + d'infos
  • Routine Investigations pour hautbois, trompette, piano, alto, violoncelle et contrebasse (1976) + d'infos
  • The King of Denmark pour percussion (1964) + d'infos
  • The Viola in my Life I pour alto et 5 instruments (1970) + d'infos
  • The Viola in my Life II pour alto, flûte, clarinette, percussion, célesta, violon et violoncelle (1970) + d'infos
  • The Viola in my Life III pour alto et piano (1970) + d'infos
  • Three clarinets, cello and piano (1971) + d'infos
  • Voices and cello pour soprano, mezzo soprano et violoncelle (1973) + d'infos

Concerts SMC Lausanne: