Sonatas and Interludes for prepared piano

1946-1948, John Cage

Les seize sonates et quatre interludes sont dédiés à la pianiste Maro Ajemian, mais l'œuvre complète fut interprétée pour la première fois en 1948 par John Cage lui-même.
En 1946, Cage aborde l’étude de la pensée orientale qui restera un des fils conducteurs tant de sa vie que de son œuvre. C’est vers la philosophie indienne qu’il se tourne, en partie sous l’influence d’une musicienne indienne Gita Sarabhai, grâce à laquelle Cage s’imprègne de théorie et d’esthétique musicales indiennes. Avec elle, il partage le point de vue selon lequel l’objectif de la musique devrait être « de dégriser et apaiser l’esprit, afin de l’ouvrir aux influences divines ». Cage lit les œuvres d'Ananda K. Coomaraswamy, critique, historien de l’art et philosophe indien, dont l’exposition de la théorie du rasa ou « des émotions permanentes » : émotions claires et émotions sombres (héroïsme, érotisme, étonnement, joie, tristesse, peur, colère, haine) tendent vers une neuvième émotion : la tranquillité. Cette découverte influencera la composition des Sonatas and Interludes.

La préparation du piano : des objets de matières différentes, placés entre les cordes du piano, en altèrent et en modifient les sons. Selon les indications précises de la partition de Cage, ce ne sont pas moins de 53 pièces métalliques (boulons, écrous, vis…), 16 en caoutchouc et 4 en plastique qu’il faut placer entre les cordes. Le piano est ainsi transformé en un orchestre de percussion domestique en plaçant non l’harmonie, mais le timbre au centre de l’oeuvre. (D’après John Fallas – avec l’aimable autorisation d’AEON).

Concert SMC Lausanne: