šìr

pour soprano avec verres accordés et contrebasse
2016, Carlo Ciceri

šìr se réfère au sumérien, l'écho de l'ancien mot grec «seirèn», qui signifie « chanter » et qui résonne, dans « šìr-šìr », « la chaîne ».
Telles les Lotophages, les Sirènes, vous font oublier. Telles Salomé, elles vous lient dans un désir insatiable et leurs voix inhumaines arrachent votre identité à votre conscience.

« D’abord tu croiseras les Sirènes qui ensorcellent
tous les hommes, quiconque arrive en leurs parages.
L’imprudent qui s’approche et prête l’oreille à la voix
de ces Sirènes, son épouse et ses enfants
ne pourront l’entourer ni fêter son retour chez lui.
Car les Sirènes l’ensorcellent d’un chant clair,
assises dans un pré, et l’on voit s’entasser près d’elles
les os des corps décomposés dont les chairs se réduisent. »

L’Odyssée, XII, 39-46

Pour Carlo Ciceri « La voix et la contrebasse jouent l'un en face de l'autre. Ils créent un caractère unique dont la voix est formée par les cordes vocales et celles de l'instrument. Le corps est à la fois de chair et de bois. La soprano joue également l'instrument et le contrebassiste utilise sa voix comme un moyen de communication musicale et comme une amplification du son de l'instrument. De cette façon, le duo apparaît en même temps comme un trio, un quatuor et un solo, pas dans le sens du théâtre musical, mais dans une recherche exclusivement musicale ».

Concert SMC Lausanne: