Le Merle bleu

1956-1958, Olivier Messiaen

Les ornithologues seraient-ils les premiers témoins de l’au-delà ? L’entendraient-ils au travers des pépiements et autres ramages de ces « petits serviteurs d’une joie immatérielle » ? Olivier Messiaen les rendit célestes dès les années cinquante avec ses compositions à plumes et notamment avec le Catalogue des oiseaux dont sont tirées les trois pièces de ce soir. À leur propos, Olivier Messiaen confie d’ailleurs ceci : « Chaque pièce est écrite en l'honneur d'une province française. Elle porte en titre le nom de l'oiseau-type de la région choisie. Il n'est pas seul : ses voisins d'habitat l'entourent et chantent aussi [...] son paysage, les heures du jour et de la nuit qui changent ce paysage, sont également présents, avec leurs couleurs, leur températures, la magie de leurs parfums. ».
Toutefois, si d’aventure vous entendez quelques notes flûtées et aiguës prononcées d’un ton mélancolique sachez que Le Merle bleu n’est pas loin. Si c’est un mâle, parez-le d’une robe entièrement bleue avec les ailes plus sombres. Si c’est une femelle, alors elle sera brune sur le dessus et brun clair moucheté de sombre dessous. Rare en France, la présence du merle bleu régresse hélas régulièrement. Ce phénomène serait notamment dû à la surexploitation agricole occasionnant la raréfaction de ses milieux de reproduction. (Luc Birraux)

Concert SMC Lausanne: