Oeuvres

tektono (2019)

Hannes Kerschbaumer + Biographie

pour ensemble et électronique
création suisse de la nouvelle version

Hannes Kerschbaumer, tektono pour ensemble et électronique (2019)
A la manière des couches sédimentaires, Hannes Kerschbaumer retrace les glissements des plis terrestres qui se sont superposés au gré des millénaires. tektono s’intéresse ainsi aux plaques tectoniques, socles en perpétuel mouvement, qui se frottent et s’entrechoquent. Cette œuvre « poursuit mes recherches dans le domaine du transfert des structures et des phénomènes géologiques vers le domaine musical. À partir de la théorie de la formation des continents et de leur remodelage constant, des principes formels et structurels sont dérivés » écrit le compositeur. Sa fascination pour les phénomènes géologiques se poursuivra avec plusieurs œuvres portées sur les aspérités des roches terrestres. Ainsi, synclinal flux et anticlinal flux (2024) s’inspirent de la concavité et de la convexité des plis géologiques, tandis que black smokers (2020) recrée les fluides chauds et sulfurés d’excroissances sous-marines. Il a également développé une série « .debris » où il s’attarde sur la décomposition des matériaux. L’une des versions de pedra.debris (2013/15) a été créée avec l’Ensemble Schallfeld. 
tektono est construite en cinq cycles, lors desquels des agrégats se forment, s’alignent, puis se décalent et conduisent à un état erratique, par l’ajout progressif d’éléments perturbateurs. Le mélange des instruments acoustiques et de l’électronique mène à une superposition à l’instar des déformations terrestres. De plus, les sons des instruments sont transformés dans le style d’un vocodeur – qui filtre et module certaines fréquences – pour parvenir à des « bruits semblables à des décombres. » L’imprévisibilité du tout est accrue par la retransmission de tous les sons électroniques par des transducteurs sur du carton.
C’est vrai que l’on ressent tout du long le crépitement continu nourri à travers les âges, le va-et-vient du vent et des vagues qui résonne au plus profond des criques abandonnées. Le compositeur parvient à maintenir l’attention de l’écoute par de sempiternelles croissances et excroissances qui font grandir une angoisse face à l’étrangeté des formes que l’on découvre. Ce sont des formes qui se métamorphosent à travers le temps et l’espace et, par leurs saturation et croupissement, dévorent l’espace sonore dans leurs entrechocs ordonnés.

Texte : Christophe Bitar

Concerts SMC Lausanne

Lundi 26 Janvier 2026 (Saison 2025-2026)
Ensemble Schallfeld
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