Oeuvres
Quatuor 2.5 : Playing With Seeds (2017)
George Lewis + Biographie
pour quatuor à cordes
George Lewis, Quatuor 2.5 : Playing with Seeds, pour quatuor à cordes (2017)
Le titre de l’œuvre est à chercher du côté des travaux de l’anthropologue Paul Richards, qui a étudié pendant plus de trente ans la culture du riz dans le village de Mogbuama en Sierra Leone. Il étudiait notamment la manière dont les femmes employaient une culture par rotation, où les 45 espèces de riz étaient exploitées par petites doses dans différentes parcelles, au gré de la météo, du paysage ou du sol. Cet art du choix astucieux des cultures, Richards le qualifiait d’« improvisation musicale ». L’exploration des bonnes graines à utiliser selon la situation lui était semblable à des musiciens trouvant les bonnes combinaisons communes.
George Lewis a utilisé la métaphore dans Playing with Seeds. L’œuvre se construit en effet à partir de petites cellules musicales (les graines), qui grandissent progressivement en de nouvelles variétés au gré des différentes opérations qui les modifient. Allongement ou compression du temps, déchiquetage de la texture initiale et augmentation de la tessiture amènent progressivement à un « nomadisme de l’écoute », où l’oreille s’habitue à ces changements progressifs sans en perdre le fil narratif. George Lewis écrivait à ce propos : « Comme toute écoute, l’engagement avec cette œuvre constitue une forme d’improvisation nomade – non pas de la part des interprètes, qui jouent une musique entièrement écrite, mais de la part du public. Dans la société mogbuama, les sites agricoles appartiennent "aux vivants, aux morts et à ceux qui ne sont pas encore nés". »
Texte : Christophe Bitar
Le titre de l’œuvre est à chercher du côté des travaux de l’anthropologue Paul Richards, qui a étudié pendant plus de trente ans la culture du riz dans le village de Mogbuama en Sierra Leone. Il étudiait notamment la manière dont les femmes employaient une culture par rotation, où les 45 espèces de riz étaient exploitées par petites doses dans différentes parcelles, au gré de la météo, du paysage ou du sol. Cet art du choix astucieux des cultures, Richards le qualifiait d’« improvisation musicale ». L’exploration des bonnes graines à utiliser selon la situation lui était semblable à des musiciens trouvant les bonnes combinaisons communes.
George Lewis a utilisé la métaphore dans Playing with Seeds. L’œuvre se construit en effet à partir de petites cellules musicales (les graines), qui grandissent progressivement en de nouvelles variétés au gré des différentes opérations qui les modifient. Allongement ou compression du temps, déchiquetage de la texture initiale et augmentation de la tessiture amènent progressivement à un « nomadisme de l’écoute », où l’oreille s’habitue à ces changements progressifs sans en perdre le fil narratif. George Lewis écrivait à ce propos : « Comme toute écoute, l’engagement avec cette œuvre constitue une forme d’improvisation nomade – non pas de la part des interprètes, qui jouent une musique entièrement écrite, mais de la part du public. Dans la société mogbuama, les sites agricoles appartiennent "aux vivants, aux morts et à ceux qui ne sont pas encore nés". »
Texte : Christophe Bitar
Concerts SMC Lausanne
Lundi 26 Octobre 2026 (Saison 2026-2027)
Quatuor Béla
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